Preuve de la Démonialité:

Preuve de la Démonialité:
Voici ce dont il suffisait pour être à l'époque, soit torturé soit brulé vif...:

SOMMAIRE:

1. Distinction à établir dans la preuve du crime de Démonialité.
2. Indices servant à prouver le commerce d'une Sorcière avec le Diable.
3. Pour la preuve absolue, l'aveu du Sorcier lui-même est indispensable.
4. Histoire d'une nonne qui entretenait des relations avec un Incube.
5. Si l'accusation s'appuie sur des récits de témoins
oculaires, on peut recourir à la torture.




1. En ce qui touche la preuve de ce crime, il faut distinguer l'espèce de Démonialité : à savoir celle qui se pratique entre Sorcières ou Sorciers et le Diable, d'une part, et d'autre part, celle que d'autres personnes pratiquent avec des Incubes.

2. Quant à la première, étant prouvé le pacte fait avec le Diable, la Démonialité se trouve par là même prouvée ; car le but des Sorcières, aussi bien que des Sorciers , dans leurs sabbats nocturnes, après les festins et les danses, est le commerce infâme dont il s'agit : autrement, il ne peut exister aucun témoin de ce crime, parce que le Diable, qui est visible pour la Sorcière, se dérobe aux yeux des autres. Quelquefois, il est vrai, des femmes ont été vues dans les forêts, dans les champs, dans les bocages, couchées sur le dos.
En pareil cas la présomption du crime de Démonialité serait très forte, pourvu qu'il existât d'ailleurs d'autres indices ; et je croirais qu'un tel acte, suffisamment prouvé par témoins, autoriserait le Juge à employer la Torture pour connaître la vérité ; surtout si, peu après cet acte, on avait vu s'élever de la femme comme une fumée noire, et alors la femme se redresser, comme l'écrit Guaccius ; car dans cette fumée ou cette ombre on pourrait voir le Démon lui même, si comme il est arrivé plus d'une fois au rapport du même auteur, on a vu une femme, lequel l'acte fini, disparaît tout à coup.

3. Du reste, pour prouver d'une manière concluante qu'un homme est un sorcier ou une femme une Sorcière, il faut avoir obtenu son propre aveu : car il ne peut exister de ce fait aucun témoin, si ce n'est peut être d'autres sorciers qui déposent au procès contre leurs complices ; mais par cela même qu'ils sont associés dans le crime, leur dire n'est pas concluant et ne suffit pas pour autoriser la torture. Il faudrait pour cela qu'il y'eût d'autres indices, comme par exemple le cachet du Diable imprimé sur leur corps, ou qu'après perquisition faite dans leurs maisons, on eût trouvé des signes et des instruments de l'art diabolique, tels que des os de morts et surtout un crâne ; des cheveux artistiquement arrangés ; des noeuds de plumes embrouillées, des ailes, ou des pieds, ou des ossements de chauve souris, de crapauds, de serpents ; des sortes de graines, des figures en cire, des vases remplis de poudre, ou de d'huile, ou d'onguents inconnus, etc..., comme on découvrent ordinairement les Juges qui, sur une accusation de ce genre portée contre des Sorciers, procèdent à leur arrestation et à une visite domiciliaire.

4. Quant à la preuve du commerce avec un Incube, la difficulté est la même ; car l'Incube, tout aussi bien que les Diables, se rend quand il le veut invisible à tout autre qu'à sa maitresse. Cependant, il arrive encore plus d'une fois aux incubes de se laisser surprendre, tantôt sous une forme, tantôt sous une autre, en flagrant délit de cohabitation charnelle avec les femmes.
Dans un monastère, il y'avait une Nonne, laquelle, à propos de riens, comme c'est l'habitude des femmes, et surtout des Religieuses, s'était brouillée avec une autre Nonne qui occupait la cellule contiguë à la sienne. Celle ci, fine mouche, s'étant mise à épier tous les pas et démarches de son ennemie, remarqua plusieurs jours de suite, pendant l'été, qu'au lieu de se promener avec les autres dans le jardin au sortir de la table, elle s'éloignait pour se retirer dans sa chambre, dont elle fermait la porte à double tour. Vivement intriguée, notre observatrice voulut savoir ce qu'elle pouvait bien faire tout ce temps là, et dans ce but, elle s'enferma de son coté dans sa cellule. Bientôt, elle entendit comme deux personnes qui parlaient ensemble à voix basse ; puis certain bruit de frottement, des craquements de lit, des gemissements, des soupirs ; c'en etait assez pour surexiter sa curiosité : elle redoubla d'attention, afin de savoir qui était dans la cellule. Mais, comme par trois fois elle n'en vit sortir que la Nonne son ennemie, elle soupçonna qu'un homme s'y était secrètement introduit, et qu'elle l'y tenait caché. Alors elle rapporta la chose à l'Abesse qui, après avoir pris conseil de personnes discrètes, voulut entendre les bruits et observer les indices qu'on lui dénonçait, de peur d'agir précipitament et sans réflexion. En conséquence, l'Abbesse et ses affidées se postèrent dans la chambre de l'observatrice, d'où elles entendirent parfaitement les voix et autres bruits signalés. On fit une enquête pour s'assurer qu'aucune des Religieuses ne pouvait être enfermée avec l'autre dans la cellule fermée, où elles frappèrent à plusieurs reprises, mais en vain : la Nonne ne voulait ni répondre, n ouvrir. L'Abbesse dut la menacer de faire enfoncer la porte, et ordonna même à une soeur onverse de l'attaquer avec un levier. Sur cette menace, la Nonne ouvrit sa porte, perquisition faite, on ne trouva rien. On l'interrogea : avec qui parlait elle ? pourquoi ces craquements de lit, ces soupirs, etc.. ? elle nia tout.
Enfin, comme le manége continuait de plus belle, la Nonne rivale devenue plus attentive, plus curieuse que jamais, imagina de faire un trou à la cloison, de manière à voir ce qui se passait dans la cellule ; et que vit elle ? un élégant jouvenceau couché avec la Religieuse. Les autres Nonnes vinrent à la suite, à qui elle fit voir même chose. L'accusation fut bientôt portée devant l'Evêque : la Nonne coupable voulait tout nier encore, mais, effrayée par la menace de la torture, elle finit par avouer qu'elle avait eu commerce avec un Incube.

5. Lors donc qu'il existe des indices de la nature de ceux qui viennent d'être relatés, il y'aurait lieu, après un rigoureux examen, à prononcer la mise en accusation ; toutefois, à défaut de l'accusée, le délit ne doit pas être considéré comme pleinement prouvé, lors même que le congrès serait attesté par des témoins occulaires, car il arrive parfois que le Diable, afin de perdre une innocente, simule ce congrès par quelque apparence fantastique. C'est pourquoi le Juge Ecclésiastique doit, en pareil cas, ne s'en rapporter qu'à ses propres yeux.


Peines

Quand aux peines afférentes à la Démonialité, aucune loi civile ni canonique, que je sache, n'edicte de peine contre un crime de ce genre. Cependant, comme un tel crime suppose pacte et société avec le Démon, apostasie de la foi, sans parler des maléfices et autres scéleratesses en nombre presque infini que commettent les Sorciers, il est puni régulièrement, hors d'Italie, de la hart et du feu. Mais, en Italie, il est très rare que les Inquisiteurs livrent ces malheureux au bras séculier.




Notice Biographique (1)
Le père Louis Marie Sinistrari, de l'Ordre des Mineurs Réformés de l'étroite Observance de Saint François, naquit à Ameno, petite ville du district de Saint Jules, dans le diocèse de Novare, le 26 Février 1622. Il reçut une éducation libérale et fit ses humanités à Pavie, où il entra, en 1647, dans l'ordre des Franciscains.
Se consacrant alors à l'enseignement, il fut d'abord professeur de philosophie ; puis il enseigna dans la même ville la Théologie pendant quinze années consécutives, au milieu d'un concours d'étudiants que sa réputation avait attirés de tous les pays de l'Europe. Ses prédications dans les principales villes de l'Italie, en même temps qu'elles firent son éloquence, produisirent pour la piété d'excellents résultats.
Egalement cher au Siècle et à la Religion, il avait reçu de la nature les dons les plus brillants : stature carée, haute taille, conversation agréable et pleine de saillies mais ce qui était plus précieux, il possédait les dons de grâce, qui lui faisait supporter avec une résignation invincible les attaques d'une maladie arthritique à laquelle il était sujet ; remarquable d'ailleurs par son humilité, sa candeur et sa soumission absolue aux règles de son ordre.
Homme de toutes sciences, il avait appris sans maître les langues étrangères, et souvent, dans les Comices généraux de son Ordre, tenus à Rome, il soutint des thèses publiques de Ommi Scibili. Totefois, il s'adonna plus particulièrement à l'étude des Droits Civil et Canonique. Il occupa à Rome le poste de Consulteur au Tribunal suprême de la Sainte Inquisition ; fut pendant près de deux ans Vicaire Général de l'Archevêque de Milan. En 1688, chargé par les Comices généraux des Franciscains de compiler les statuts de l'Ordre, il s'acquitta de cette tâche dans son traité Practica criminalis Minorum illustrata. Il mourut l'an de grâce 1701, le 6 mars, à l'age de soixante dix neuf ans.

(1) Cette notice est extraite du tome 1er des Oeuvres complètes du P.Sinistrari ( Romae, 1753 ).
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# Posté le samedi 23 juillet 2005 21:13

Une petite liste de démons:

Abadon :
Démon exterminateur

Abigor :
Grand-duc. Il commande à 60 légions. Il connaît tout de l'art de la guerre et des prophéties.

Adramelech :
Grand chancelier des Enfers et président du Haut Conseil des Diables. Il est aussi intendant particulier de Bélial et titulaire de la Grande Croix de l'Ordre de la Mouche, fondé par Belzébuth.

Agaliarept :
Grand général. Spécialiste des secrets en tout genre.

Alastor :
Grand exécuteur des sentences du Monarque infernal, autrement dit boureau. Il s'est récemment rebellé car il n'acceptait plus de recevoir des ordres. Il fut sévèrement puni en étant réincarné dans le corps d'un mortel.

Alocer :
Grand-duc. Il enseigne l'astronomie et commande à 36 légions.

Amaymom :
Roi du Septentrion. Il est charger de favoriser la réussite surtout quand elle est particulièrement imméritée.

Ambucias :
Grand-duc barbu. Il dirige la musique infernale et commande à 30 légions.

Adras :
Grand-marquis. Il apparaît avec la tête d'un chat-huant. Passé maître dans l'art d'envenimer les querelles. Il commande à 30 légions.

Asmodée :
Surintendant de la Maison des Jeux. Ce démon des plaisirs impurs apparaît sous la forme d'un serpent à trois têtes (taureau, homme et bélier). Il règne sur les arts mécaniques, la géométrie et la classe de ceux qui pratiquent leur justice personnelle. Ce démon posséda -au sens diabolique du terme- Sara, une jeune femme dont il tua les sept époux avant qu'elle ne convole avec Tobie son cousin.

Astaroth :
Grand-duc, grand trésorier et chevalier de la Mouche. D'infernales intrigues l'ont écartées du comité central : le Grand Conseil Infernal. Il connaît la divination et dégage une odeur pestilentielle. Il se promène une vipère à la main.

Astarte :
Epouse d'Astaroth. Cette diablesse préside aux plaisirs de l'amour et porte, contrairemenr aux autres démons, des cornes en forme de croissant.

Azazel :
Gardien du bouc et porte-enseigne des armées infernales.

Azrael :
Ange de la Mort. Son pouvoir est immense car il incarne le Destin.

Baal :
Grand-duc, général en chef des armées infernales et grand-croix de l'Ordre de la Mouche.

Baalbertih :
Grand pontife, secrétaire général et conservateur des archives de l'Enfer.

Bael :
Roi de la partie orientale des Enfers. Il commande à 66 légions.

Barbatos :
Démon barbu, familier des sous-bois, qui enseigne le language des animaux. Il préside aux travaux alchimiques.

Bayemon :
Démon de l'occident.

Behemoth :
Sommelier et grand échanson des Enfers. Démon des instincts, des plaisir de la table et du ventre. Il fut cité au procès d'Urbain Grandier, lors de l'affaire des "possédées de Loudun".

Bélial :
Démon de la sodomie (au sens bisexuel du terme). D'une grande beauté, il est particulierement vicieux et vil. Il commande à 80 légions.

Belphégor :
Démon chargé de donner accès aux découvertes et aux inventions. Pour séduire les hommes, il leur apparaît sous les traits d'une femme.

Belzébuth :
Prince des démons. Son nom signifie "seigneur des Mouches". Il a d'ailleur fondé un ordre des Mouches comportant plusieurs grades, dont il honore ses créatures les plus sales, les plus viles et les plus abjectes. Selon Paligène, Belzébuth a "les narines extrêmement larges et deux grandes cornes sur la tête ; il est noir comme un Maure ; il a deux grandes ailes de chauve-souris attachées aux épaules, de larges pattes de canard, une queue de lion et de long poils depuis la tête jusqu'aux pieds". Il dirige la classe des "séraphins".

Bifrons :
Démon chargé d'allumer les flambeaux sur les sépultures.
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# Posté le samedi 23 juillet 2005 21:22

La société secrète d'Agen:

L'histoire nous est contée en tous ses détails par Me Maurice Garçon d'aprés un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, intitulée L'Affaire d'Agen aprés avoir été citée par J.K. Huysmans dans "Là-Bas".
Nous apprenons ainsi qu'une dame charitable d'Agen reçut en 1835 les confidences d'une malheureuse, qui se rendit intéressante en s'accusant de sacrilèges effroyables. Cette Virginie, dont le nom patronymique reste inconnu, prétendait n'avoir jamais été baptisée ; en revanche, à l'âge de douze ans, soit en 1815, elle affirmait avoir été entrainé dans une maison de la ville, où un autel était consacré au Diable. Là, au milieu d'une assemblée composée des personnes les plus éminentes de la cité, elle avait écrit de son sang un pacte portant ces mots :

Je me consacre à Satan, en promettant de ne servir et de n'adorer que lui seul, jurant haine à Dieu.
Un vrai prêtre officiait en l'honneur de Satan et présidait à la profanation en commun d'hosties consacrées. Mais les hosties consacrées par le prêtre sataniste était moins appréciées que celles qui provenaient des églises, où Virginie allait communier jusqu'à quatre ou cinq fois par jour, en escamotant chaque fois l'hostie pour la livrer aux satanistes. Ceux ci conservaient en un coffret les hosties destinées à être souillées avec des rafinements d'infamie.

Virginie confessait avoir servi le Diable durant ving cinq ans, dans des conditions d'ignominie dont elle ne faisait aucun mystère. Elle eut des velléités de révolte et aborda plus d'une fois le tribunal de la pénitence ; mais le Diable l'avait toujours empêchée de parler, jusqu'au jour où elle rencontra la pieuse madame Belloc, dont l'approche fut pour elle le salut.
Cette âme pure fut épouvantée par les révélations de Virginie, qu'elle résolut de convertir avec l'aide de l'abbé Degans, qui devait devenir, en 1837, supérieur du petit séminaire. Ce saint homme était crédule et, lorsque Virginie se montra incapable de nommer un seul membre de la société infernale, où de désigner la maison maudite, il admit l'intervention du Diable empêchant la sataniste de dénoncer ses complices. Jamais il ne lui vint à l'idée d'attribuer à une maladie de l'imagination les récits de sa pénitente, retenue sous la domination du démon. Car, en dépit de ses promesses et de l'horreur qu'elle en éprouvait, Virginie retournait malgré elle à la mystérieuse demeure où se célébrait le sabbat. Elle déplorait ses escapades involontaires, dont elle ne cachait rien à sa protectrice confuse et à l'abbé, qui rougissait de l'étalage des plus révoltantes turpitudes. Prolixe sur ce qui se passait en présence de Satan, Virginie restait obstinément muette sur le lieu de réunion des satanistes.
A force de prières, de supplications et même de menaces, on obtint de Virginie de résister à l'attraction du sabbat, si bien que le 15 février 1838 elle fut baptisée. Ici se place un incident qui n'est pas clair. Empêché au dernier moment, l'abbé Degans ne put administrer le sacrement et fut remplacé tout juste par le prêtre sataniste, qui du coup, aurait du être connu. Il n'en est rien, car ce baptême ne semble pas avoir eu de témoins. Gravement malade, Virginie était alitée ; le sataniste s'était glissé à son chevet à la manière d'un fantôme.
Le baptême diabolique devait restituer au Malin son empire sur Virginie ; mais, redoublant de prières, l'abbé Degans et Mme Belloc entrèrent en lutte avec Satan. A partir de ce moment, Virginie eut des crises de possession. Le Diable la tourmentait pour la contraindre de revenir à lui. Pour ne laisser à la démoniaque aucun doute sur ses intentions, il lui dépêcha la propriétaire de la maison, siège des réunions de la Société infernale.
Cette femme, que nul ne vit hors Virginie, et dont celle ci ne put prononcer le nom, promit guérison et tranquillité moyennant retour à Satan. Mais Virginie fut héroïque : elle supporta par la suite d'affreuses brûlures et des tortures variées, plutôt que de se détourner de la bonne voie.

Le mercredi saint 1838, Virginie communia. Le lendemain, le Diable laissa tomber sur son lit une hostie brisée. Elle provenait du coffret des Satanistes, et venait d'être rapportée miraculeusement. Les amis de Virginie ne doutèrent pas du miracle et implorèrent le ciel avec tant de ferveur qu'il se renouvela.

Sommé au nom de Jésus Christ, Satan vint jeter à la tête de Virginie de nouvelles hosties. Elle seule voyait le Diable, mais les hosties miraculeuses étaient visibles et palpables ; il en vint successivement prés de 3000, dont 140 ensanglantées.

Le 22 mai, un petit démon de la dimension d'une carafe vint à Lucifer, qu'il escorta par la suite régulièrement, tout en restant spectateur passif des apports d'hosties. Le 9 juin, le diablotin se mit à recueillir pieusement les hosties éparpillées par le Diable et prit une attitude si respectueuse pour les présenter à Virginie, que celle ci reconnut en lui un ange. C'était en effet son ange gardien, qui, bien que piteux, entreprit de protéger efficacement la pénitente décidée à rompre avec Satan. Ce fut ce protecteur, qui, le 15 août, en présence de 50 hosties restituées, s'ecria : Mon Dieu, tout est apporté ! Du coup Virginie se sentit guèrie d'une paralysie qui la privait de l'usage de ses jambes depuis de longs mois.

Désormais, elle put aller à l'église et se montrer en public. Le Diable en profita pour l'assaillir en pleine rue ou au cours du service divin. Cela fit scandale et l'évêque intervint en chargeant deux théologiens d'examiner Virginie. Reconnue possedée, elle fut soumise à des exorcismes quotidiens, qui eurent pour théatre la chapelle des Dames de la Miséricorde. Le spectacle fut édifiant à sa manière, car le Diable blasphémait avec rage par la bouche de Virginie, qui joua son rôle superieurement jusqu'en janvier 1839. Les séances furent alors interrompues en raison de la maladie de l'un des exorcistes. Mais elle reprirent dès le 21 février.
Ce qui frappait le plus, c'est qu'elles provoquaient des apports d'hosties, alors que la société infernale n'en possédait plus et que tout le clergé d'Agen exerçait un contrôle minutieux sur les communions. Sommé de s'expliquer, le Diable insinua que d'autres satanistes opéraient à Bordeaux, cours d'Albret.
Le jour de Pâques, l'assaut suprême fut donné par le Diable, qui provoqua une crise si violente qu'on crut Virginie morte. En revenant à elle, sa joie fut grande, car elle se sentit définitivement guérie de sa paralysie et de son obsession.

Désormais, en effet, le démon fut victorieusement repoussé dès qu'il approchait de Virginie. Dompté, il apportait presque quotidienement des hosties. Puis Jésus prit l'habitude de visiter la convertie pour lui faire faire des communications d'une orthodoxie de plus en plus contestable, d'autant que les mystiques d'Agen se mirent en relation, en 1840, avec un visionnaire qui s'était révélé le 6 août 1839 en Normandie. Réincarnation du prophète Elie, il se nommait Vintras et prêchait à Tilly-sur-Seulle la religion des temps nouveaux.

Cette innovation fut condamnée par l'évêque en 1841 et par grégoire XVI, le 8 novembre 1843. Les autorités ecclésiastiques d'Agen qui furent pitoyables à Virginie victime du Diable, jugèrent sévèrement son prophétisme.
Une enquête fut ouverte et recueillit au minimum 175 témoignages. En 1846, l'évêque en prit texte pour taxer Virginie de mensonge. Hystérique, elle avait inventé de toutes pièces sa société diabolique, sa guérison fut simulée. Quant aux hosties, elle en avait acheté en ville sans recourir au Diable. Enfin Jesus lui communiquait des hérésies !
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# Posté le samedi 23 juillet 2005 21:33

Le sang:

Chaud, stimulant, excitant, puissant, fascinant, ... nombreux sont les qualificatifs qui peuvent définir le sang, ce liquide vital rouge comme le feu, symbole de la vie, et qui d'après certains de nos ancêtres serait le véhicule de l'âme. Ils ne se comptent plus tout au long de l'histoire et par le monde , les rituels, les sacrifices et les crimes commis en son nom, transformant ainsi notre terre en immense autel afin que les hommes puissent s'abreuver de cette chaude boisson stimulante. Sang animal, sang humain ou vin mêlé de sang, peut importe tant que la soif est apaisée et les Dieux repus. Les trois utilisations rituelles du sang sont le barbouillage, la boisson et l'aspersion. Les idoles primitives sont représentées par des morceaux de bois barbouillés de sang. Le sang des animaux servaient à peindre des masques dont ils étaient la représentation.

Dans les pays nordiques, les statues des dieux étaient enduites de sang humain, et pour cette raison elles étaient appelées Oeden (Oda signifie détruire, Ode signifie mort), racine du nom d'Odin. A Sparte, les adolescents subissaient une terrible flagellation dont le but était d'arroser l'autel de la déesse Orthia (Artémis). Les parents assistaient à cette torture, Plutarque affirma qu'il a vu des garçons mourir sous les coups, ce genre de mort glorieuse remplaçait le meurtre rituel. Tant l'idée de boire aux sources de la vie que celle d'offrir des sacrifices pour rendre le ciel propice ou appaiser son courroux sont des notions essentielles qui se rencontrent dans toutes les coutumes, Hérodote nous raconte au sujet des Scythes : “Ils concluent des traités de la façon suivante : ils versent le vin dans un grand vase de terre, le mélange avec du sang des contractant que ceux-ci donnent en se faisant une éraflure avec une alène ou avec un couteau, et trempent ensuite leur épée, leurs flèches, leur hache d'armes et leur javelot dans la coupe. Puis les contractants eux-mêmes, aussi bien que les plus nobles de leur suite boivent”.
En Egypte à Héliopolis, on tuait chaque jour trois hommes, quant à Eusébe, il nous raconte qu'en Phénicie, on tirait au sort chaque année le nom des enfants qui devaient être offerts à Baal, ce dieu cruel, qui ne se satisfaisait qu'au spectacle d'un brasier emplit de petits corps innocents.

Les Mystes, prêtres ou dévots du culte de Mithra déchiraient un taureau et en buvaient le sang, par la suite, ils pratiquèrent de cette façon : le Myste était couché dans un trou. Il recevait le sang du taureau égorgé au-dessus de lui sur un plancher à claire-voie. A travers les fentes de bois, le sang coulait dans la fosse. L'initié présentait sa tête à toutes les gouttes qui tombaient, y exposait ses vêtements et son corps. Il se renversait en arrière pour que soient arrosés ses joues, ses oreilles, ses lèvres, ses narines, ses yeux, il humectait sa langue de sang.

Ensuite, il s'offrait à la vénération de la foule.

Dans la Rome antique, on égorgeait des enfants dont le sang était considéré comme plus pur, à l' occasion de la fête de plusieurs dieux Lares, ensuite, on lançait dans le Tibre des hommes et des femmes pour conjurer les fléaux. En 1486, à l'occasion de l'inauguration du temple dédié au dieu de la guerre, Montezuma décida d'égorger des centaines de victimes afin de faire couler un flot de sang. On estima que rien qu'en une année à cette époque, le nombre des sacrifiés s'élevait à 20 000 individus.

Nombreux sont aussi les récits des missionnaires revenus d'Afrique, où le culte du sang était très développé. Les témoignages relatant les rituels afin de rendre les génies favorables nous donnent une idée de la façon dont on traitait les esclaves ainsi que les prisonniers. “Lors du décés d'un chef de tribu, on amena treize victimes, escortées d'éxécuteurs vêtus de noir, une décharge de mousqueterie retentit...les bourreaux se disposèrent à remplir leur fonction. Nous fûmes frappés par l'air impassible avec laquelle la première des victimes supporta la torture, lorsque la lame acérée d'un long couteau lui perfora les joues. Ensuite, l'éxécuteur, saisissant un sabre, en abattit la main droite du malheureux, qui tomba à terre, enfin, de son glaive, il lui coupa le cou. Successivement les douzes infortunés subirent leur supplice. Les femmes étant immolées sur le lieu même de la sépulture, l'usage étant d'arroser de sang la fosse en l'honneur du génie de la Terre. Après que l'on eut aligné au fond du trou des têtes humaines formant un pavage funèbre, un esclave étourdit l'un des porteurs du défunt, en lui assénant par derrière un violent coup sur la nuque ; le malheureux tomba sur le cadavre et la fosse fut comblée”.

A Bonga dans le Dahomey, si le chef voulait aller à la chasse, il réunissait les amis qui l'accompagnaient, mais pour le succès de l'expédition, il fallait du sang, avant de partir, on faisait venir un enfant de dix à douze ans, et on lui sciait la gorge avec un vulgaire couteau, chez les nègres de Guinée, les rites de ce genre se célèbraient surtout la nuit, les fêticheurs après avoir baillonnés leur victime s'arrangeaient afin que de la tête tranchée le sang jaillisse immédiatement sur l'idôle.

La colonisation fut aussi le théatre de nombreux pactes occultes réputés jusqu'à notre époque indissoluble : “le pacte de sang ou échange de sang”, ainsi, voici la description que nous en a fait en 1895 le Duc d'Uzès, “si deux personnes veulent s'unir par les liens d'une amitié éternelle, elles se placent côte à côte : un fêticheur, à la fois prêtre, médecin et chirurgien s'avance au milieu de la foule assemblée, et fait une petite incision avec un couteau, à l'avant-bras de chaque contractant. Tous deux mettent alors en présence les lèvres de leurs plaies, de façon que le frottement opère le mélange de sang... Le chef du village portait environ 120 cicatrices de ce genre”.

Au Dahomey, certaines sectes de fêticheurs afin de se rendre clairvoyants et de deviner l'avenir, recherchaient avidement l'occasion de boire du sang humain. Dans ce but, ils assistaient aux nombreuses éxécutions et munis d'une calebasse, dès que la tête tombait, ils la remplissait de sang et la vidait à long traits. En 1862, on ramassa dans les rues de Port-au-Prince un jeune homme poignardé, un bambou, qui avait servi à sucer le sang, plongeait dans la blessure, c'était le mobile du crime.

Plus près de nous, en URSS existaient des sectes mystiques dont les khystys (flagellants) et les skoptsy (châtrés), ceux-ci avaient la réputation de se procurer la matière première necessaire à la communion de manière assez brutale : “Après avoir décidé une vierge de 15 ans par forces promesses, on lui extirpe le sein gauche pendant son immersion dans un bain d'eau chaude. Cette chair est alors découpée sur un plat en menus morceaux que les assistants consomment. Ensuite, la jeune fille est retirée du bain et on la pose sur un autel à proximité. Toute la communauté exécute autour d'elle une danse folle et sauvage et entonne des cantiques...”

Ovide quant à lui, nous évoque dans ses métamorphoses un procédé primitif de rajeunissement ; “que je remplisse vos veines d'un sang nouveaux”, mais il fallut attendre 1657 pour que cette idée aboutisse, date à laquelle l'anglais Clark ranima un chien avec le sang d'un autre chien, s'ensuivit après quelques années une des premières transfusion sanguine faites à un homme pratiquée par Jean Denys et le chirurgien Emmeretz qui transfusèrent du sang d'agneau à un garçon, qui y survécut.

Ce besoin de sang auxquels furent confrontés toutes les sociétés n'inspirèrent pas l'horreur, au contraire, cela ne fit qu'exciter l'imagination, tant en europe que dans le reste du monde. Il subsistait il y a encore trés peu de temps des coutumes qui affirmaient que le sang des autres est un remède efficace. Cette médication se retrouvait déjà dans les écrits de Pline : “Ainsi, les épileptiques boivent même le sang des gladiateurs comme si ceux-ci étaient des coupes vivantes....Ils considèrent comme le moyen le plus efficace de humer le sang encore chaud, encore bouillonnant, de l'homme lui-même, et de humer ainsi à l'orifice de la plaie le souffle même de la vie”.

La superstition médicale populaire, s'attachait beaucoup au sang menstruel, la preuve se trouve dans de nombreux écrits composés dès les années 600, nous retrouvons aussi dans les “Libri subilitatum diversarum natur.creatar”, (les plus anciens ouvrages de médecines monacales fait en Allemagne), des renseignements sur certaines médecines populaires. Une compresse de sang utérin chaud appliquée sur les membres goutteux calme une douleur très aigüe. Une chemise tachée de sang rend réfractaire à toute contusion et à toute piqûre et jetée dans les flammes, éteint un incendie.

Mais, le sang d'homme peut aussi servir, ainsi dans une gazette allemande datée de 1892, on peut lire ceci : ”Pour gagner les faveurs de la jeune fille aimée à l'aide de son sang, le moyen le plus fréquemment employé est d'administrer à l'autre personne...quelque chose de son propre corps, par exemple, trois gouttes de son sang dans un verre de vin ou dans le café”. Il n'était pas seulement conseillé d'utiliser le sang d'autrui puisqu'il était prouvé que l'emploi de son propre sang pouvait être aussi bénéfique comme remède, ainsi à Nuremberg l'on s'égratinait la partie malade jusqu'au sang, et l'on enfermait dans un arbre, avec un tampon, un peu de coton trempé dans ce sang. En Bavière, dans le cas d'une hémorragie, on prenait deux grandes grenouilles vertes, on les séchaient, on les pilaient, ensuite on les administraient dans du vin rouge, avec de l'écorce de grenade et du sang humain de sa propre saignée. En Pologne, lorsque l'on saignait du nez, on écrivait son nom avec son propre sang sur un linge et on le posait sur ses yeux, le sang s'arrêtait aussitôt.

Le sang considéré comme le plus efficace de tous, est celui de personnes décédées de mort violente, en particulier les suppliciés. D'une façon générale, tout ce qui a rapport à eux était censé produire de l'effet. Antée faisait du crâne des pendus des pilules contre les morsures de chiens enragés, Buck affirmait que le sang des pêcheurs exécutés, bu chaud, fait du bien aux épileptiques. Carl Lehmann qui relata l'éxécution de l'assassin Karl Henri Friedrich, qui eut lieu à Zwickau, le 15 décembre 1823 écrivit : “Et nous avons vu de nos propres yeux des personnes vider tout un pot de sang de l'éxécuté et comment on donnait des coups de fouet à ces personnes, pour la plupart des enfants, afin de les faire détaler à travers champs”. Nombreuses légendes concernent également le sang animal, ainsi ces vieux remèdes polonais pour surmonter la peur et rendre la bravoure : prendre trois gouttes de sang derrière l'oreille d'un âne, en imbiber un linge que l'on plonge dans l'eau de puits et boire cette eau. Se mettre du sang de chauve-souris sur les yeux, permettrait de voir aussi bien la nuit que le jour...et porter sur soi ce même sang, serait la meilleure façon de se faire aimer.

Les croyances aux vertus du sang déterminèrent un certains nombres de crimes tout en long de l'histoire, ainsi Gilles de Ray, Elizabeth Bathory, Elagabal, et bien d'autres. Les annales judiciaires regorgent de délits commis au nom de certaines croyances qui engendrèrent des préjudices aux principaux intéressés. oici un résumé d'un fait divers survenu il y a plus de cent ans en Allemagne : “Un paysan se casse une jambe en charriant du bois. Il néglige de se faire soigner...et ensuite se trouve par surcroît atteint de fièvre typhoïde. Des voisins venant le voir lui firent croire qu'il était ensorcelé par une femme du village qui lui avait mis à dos son vingt-cinquième diable du nom de Pierre. On mande la sorcière, là, les assistants l'invitent à donner de son sang à boire au possédé, car ce n'est qu'alors que le diable Pierre l'évacuera...Deux hommes la forcent à saigner du nez par des coups de poings. On essaie sans succès. Un des assistants sort alors dans la cour, barbouille ses mains d'excréments, en y dessinant trois croix. De nouveaux coups de poings portés par ses mains ainsi bénites, finissent par produire un résultat. La sorcière dut alors se mettre sur le lit du possédé et abreuver de son sang la bouche de celui-ci. Le diable a dû se décider à partir, car le possédé ne tarda pas à articuler ces mots :”Ca commence à bien faire”, le sang qui coulait encore fut recueilli dans une tasse en prévision d'une rechute. Sur réquisitoire du procureur, les deux exorcistes furent condamnés à trois mois de prison.”
Puissant est le sang, quant il est utilisé lors des rites magiques où il est l'élément essentiel à l'obtention d'un résultat positif, d'ailleurs, le diable ne réclame t-il pas une signature rédigée avec notre sang afin de conclure le contrat qui nous lie aux forces du mal. Il ne reste malheureusement que quelques témoignages qui ont survécus à l'inquisition, mais voici le compte-rendu de l'audition d'une sorcière belge jugée en 1603, Claire Goossen, “Satan rédigea lui-même le pacte sur une feuille de papier avec le sang pris à une égratignure que dans ce but elle s'était faite avec une épingle au pouce de la main gauche et la prisonnière signa le pacte de son sang”. Voici une succulente petite histoire recueillie par Claude Seignolle pour ses évangiles du Diable : “Lorsque le sire de Changé s'ouvrit la veine pour signer un pacte avec le diable, sa chemise fut tachée de sang, il paya une sage-femme pour la faire disparaître en la lavant à la nuit noire. Elle n'a pu y réussir, et, depuis des siècles, on entend à minuit, le bruit de son battoir quand on passe aux environs du doué du château du Plessix-Pillet”. Puissant est aussi le sang utilisé lors des messes noires, Boullan, Crowley et tant d'autres l'ont utilisé comme élément premier de certains leurs rites, les SS utilisaient de nombreux rites sanguinaires lors de leur instruction.

N'est-il pas voluptueux le sang décrit dans de nombreuses oeuvres littéraires,”J'entendis le bruit un peu semblable à un clapotis que faisait sa langue en léchant encore ses dents et ses lèvres, tandis que je sentais le souffle chaud passer sur mon cou. Alors, la peau de ma gorge réagit comme si une main approchait de plus en plus pour la chatouiller, et ce que je sentis, ce fut la caresse tremblante des lèvres sur ma gorge, et la légère morsure de deux dents pointues”. Festin onctueux de troublants vampires, Maldoror, Lestat, Dracula, Carmilla, parce que l'âme de la chair est dans le sang, vous resterez à jamais immortels.
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# Posté le samedi 23 juillet 2005 21:36

Le sang de Baudelaire:

Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine au rythmiques sanglots,
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.


A travers la cité, comme dans un champs clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créatures,
Et partout colorant en rouge la nature”.

Baudelaire
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# Posté le samedi 23 juillet 2005 21:37